« Tout vrai regard est un regard croisé »

Mon histoire

 

Je suis originaire du sud de la France, de Béziers.

Le soleil m’a vu grandir, et il a imprimé sa chaleur dans mon tempérament pour toujours.

 

Je suis né dans une famille qui, à sa façon, cherchait simplement à m’aimer. Ils ont fait ce qu’ils ont pu, avec leurs histoires, leurs limites et leurs croyances. Pourtant, au fil de mon enfance et de mon adolescence, une colère silencieuse et une grande tristesse se sont installées : celle de ne pas parvenir à me sentir pleinement en accord avec ma propre vie. Alors, pour combler ce manque, j’ai appris à répondre aux attentes des autres, à m’adapter, parfois même à m’effacer. Aujourd’hui, je comprends que ce vide parlait d’un besoin profond : celui d’être reconnu, entendu et d’exister pour moi-même.

 

J’étais ce gamin qui, tôt, se retrouvait à se poser des questions plus grandes que lui :

  • Pourquoi suis-je ici, dans cette famille ?
  • Qu’est-ce qu’il faut accomplir pour être heureux ?
  • Où sont les personnes qui me ressemblent vraiment ?
  • Comment fait-on pour être aimé ?
  • Pourquoi ai-je parfois tant de mal à m’aimer moi-même ?
  • Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?
  • Et pourquoi cette mélancolie qui m’accompagne déjà ?

"Ne pas refouler, mais traverser"

À ma naissance, toutes mes potentialités étaient déjà là. Elles avaient seulement besoin d’être reconnues, encouragées, accompagnées. Et si certaines n’ont pas été suffisamment nourries, ce n’est la faute de personne : les conditions n’étaient simplement pas réunies. Elles sont restées en sommeil, me laissant parfois avec l’impression de ne pas habiter pleinement ma vie, comme s’il manquait une partie essentielle de moi-même.

Avec le temps, j’ai compris que ce sentiment n’était pas une fatalité, mais un point de départ. Il m’a fallu des expériences, des réussites, des échecs, des détours, parfois même des chocs, pour commencer mon processus d’individuation. Pas à pas, j’ai appris à me rapprocher de moi, à laisser émerger celui que j’avais toujours été en profondeur. Aujourd’hui, je regarde mon histoire avec plus de douceur : elle m’a forgé, elle m’a appris, elle m’a conduit jusqu’à moi. Et pour cela, je ne regrette rien. Amor fati comme l’énonce Nietzsche.

Enfant et adolescent, j’étais studieux, sérieux, appliqué. L’école m’offrait un cadre rassurant, un lieu où je pouvais avancer sans trop me questionner. Plus tard, j’ai poursuivi mes études, décroché un diplôme d’ingénieur, atteint ce que beaucoup auraient appelé une réussite. Et pourtant, au moment même où je franchissais ces étapes, quelque chose en moi restait silencieux. Je n’éprouvais ni fierté ni joie : j’étais coupé de mes émotions, absorbé par ce que je devais faire, pas par ce que je voulais ou ressentais.

Malgré les compétences qu’on me reconnaissait, je me sentais souvent illégitime. Comme tant d’autres, je portais ce sentiment d’imposture, cette crainte diffuse d’être démasqué . Je donnais le change, mais à l’intérieur, j’essayais encore de comprendre qui j’étais. Et c’est précisément là que se trouve le début de la résilience : dans la prise de conscience que ce malaise n’est pas une erreur, mais une invitation. Une invitation à revenir vers soi, à se réapproprier son histoire, à renouer avec sa propre valeur.

Aujourd’hui, je sais que rien n’était perdu. Ce qui semblait manquant ne demandait qu’à être accueilli. Les parts de moi qui avaient été silencieuses pendant des années ont commencé à prendre la parole. Et dans ce mouvement, quelque chose s’est reconstruit : une présence, une confiance, une chaleur intérieure. La sensation, enfin, d’être en train de devenir moi-même.

"Un traumatisme, c'est quand ma capacité d'adaptation ne suffit plus"

Très tôt, j’ai cru que la solution était ailleurs. Par peur, par instinct de survie aussi, j’ai pris mes jambes à mon cou et j’ai changé de métier, d’univers, de rythme. Je pensais sincèrement qu’un nouveau décor apaiserait mon monde intérieur. J’ai alors plongé dans l’univers des vignes et du vin, que j’ai habité pendant plus de dix ans. J’y ai trouvé l’intensité physique, la créativité, la fraternité des vendanges et des saisons qui passent. C’était une forme de don de soi, généreuse mais parfois excessive. Ce qui me portait me consumait aussi. Était-ce le prix à payer pour tenter d’aller mieux ?

Puis est venue la journée de bascule, celle qui, à 36 ans, a marqué un tournant irréversible. Mon corps s’est effondré, et avec lui mon monde intérieur. Je repoussais mes limites sans m’en rendre compte, croyant que tenir, avancer, produire suffiraient à me protéger. En réalité, je vivais dans le trop : trop d’efforts, trop de responsabilités, trop de silence intérieur.

Ce jour-là, ma boîte de Pandore s’est ouverte sans prévenir. Toutes ces blessures que j’avais soigneusement rangées sous mon lit d’enfant sont revenues me rencontrer. Non pas pour me punir, mais pour me rappeler qu’on ne peut pas guérir ce que l’on refuse de regarder. Ce moment, douloureux mais fondateur, a marqué le début d’un mouvement essentiel : celui de revenir vers moi, avec honnêteté, avec vulnérabilité, avec humanité.

"Faire une force d'avenir de mon passé"

Je souffrais profondément. Cette fois, ma raison seule ne suffisait plus à me maintenir à flot : plus je luttais, plus je m’enfonçais. C’était comme si je coulais sans fin, et rien de ce que je connaissais ne pouvait me retenir.

C’est alors que la vie m’a offert ce dont j’avais réellement besoin, mais que je n’aurais pas pu accueillir plus tôt : la Gestalt-thérapie. Je l’avoue, c’était ma thérapie de dernière chance. Et pourtant, elle est devenue le pont vers moi-même.

Diagnostiqué dès mes 19 ans comme hypersensible, hyperémotif et très intuitif, je m’étais sans le savoir totalement coupé de mon essence, de mon être. La tête avait pris le contrôle, et le cœur avait été relégué au silence. Il était temps que je retrouve cette part de moi, que nous nous reconnectons, main dans la main.

Longtemps, j’ai exercé des métiers qui nourrissaient ma tête, mais presque jamais mon cœur. La Gestalt m’a appris à écouter mes émotions, à reconnaître mes besoins, à accueillir mes blessures et mes forces. C’est un travail de présence à soi, de pleine conscience de ce qui est là, ici et maintenant.

J’ai alors décidé d’intégrer l’École Humaniste de Gestalt pour cheminer sur mes enjeux les plus structurants :

  • L’Attachement et la capacité à aimer, pour mieux comprendre et nourrir mes relations,
  • L’Estime de soi et le développement d’un narcissisme sain, pour m’affirmer et me reconnaître de manière juste.

Chaque séance de groupe, chaque expérience a été une invitation à retrouver ma résilience. Peu à peu, j’ai appris à me tenir debout pour moi-même, à m’accueillir avec mes fragilités et mes ressources, à devenir pleinement présent à ma vie. Ce chemin n’a pas effacé la douleur, mais il m’a permis de la transformer en force et en clarté, de redevenir acteur de ma propre existence.

"Et si la réponse était l'amour..."

Grâce à mon groupe thérapeutique, j’ai enfin trouvé ce que je cherchais : des personnes qui me ressemblent, me comprennent, avec qui je peux être authentique. Quelle joie de ne plus me sentir seul, d’être accueilli sans jugement, dans la reconnaissance et l’amour de ce que je suis.

En parallèle, je suis également accompagné en thérapie individuelle, un espace précieux pour explorer mon monde intérieur, faire tomber les masques, me découvrir et apprendre à m’aimer et à m’estimer pleinement.

Pendant longtemps, j’ai été comme une bouteille jetée à la mer, seule, dérivant sans savoir où j’allais échouer. Ce temps est derrière moi. Aujourd’hui, je chemine avec conscience, en présence et en bienveillance pour moi-même, avec l’envie de grandir et de m’épanouir.

Nous avons tous droit à une seconde chance, celle de la réparation, de la reconnexion à soi et à nos ressources. C’est ce chemin que je vous propose, avec délicatesse, tendresse et ce lien qui réconforte, pour avancer pas à pas vers plus de présence, de confiance et d’amour pour vous-même.

David Cifredo

"Nous ne devenons pas lumineux en regardant la lumière mais en traversant nos propres ténèbres"