L’ego : qui es-tu pour moi ?
Nous parlons souvent de l’ego comme d’un problème.
Il faudrait le maîtriser, le dépasser, le faire taire.
Mais si nous changions de regard ?
Et si l’ego n’était pas notre ennemi, mais une partie de nous qui a appris, parfois très tôt, à nous protéger ?
Chez certaines personnes, notamment celles qui vivent sous pression, dans l’hyper-contrôle ou la recherche permanente de reconnaissance, l’ego peut progressivement prendre beaucoup de place.
Jusqu’à devenir épuisant.
Et si le véritable enjeu n’était donc pas de supprimer son ego, mais de lui redonner sa juste place ?
Qu’est-ce que l’ego ?
Une partie de nous qui cherche à nous protéger
L’ego peut être compris comme une construction psychique qui participe à notre manière de nous définir, de nous protéger et de nous adapter à notre environnement.
Il se construit progressivement au cours de notre histoire.
Notre enfance, nos expériences relationnelles, les attentes de notre entourage et les situations auxquelles nous avons dû nous adapter participent à cette construction.
Certaines expériences peuvent être difficiles à intégrer.
Nous apprenons alors à nous protéger.
Ne pas montrer sa tristesse.
Ne pas demander.
Ne pas décevoir.
Être fort.
Contrôler.
Réussir.
Anticiper.
Ces fonctionnements peuvent avoir eu une véritable utilité.
Ils ont parfois permis de continuer à avancer dans la vie.
Quand la protection devient une prison
Les anciens mécanismes peuvent continuer à fonctionner à l’âge adulte
Le problème n’est donc pas d’avoir un ego.
Le problème peut apparaître lorsque des mécanismes construits pour nous protéger continuent à fonctionner alors que la situation a changé.
Par exemple :
Vous ressentez une émotion → vous la bloquez.
Vous vous sentez critiqué → vous vous défendez immédiatement.
Vous avez peur d’être rejeté → vous cherchez à contrôler la relation.
Vous êtes épuisés → vous continuez malgré tout.
Vous ne savez plus quoi faire → vous cherchez encore davantage à maîtriser.
À force, cette manière de fonctionner peut contribuer à une surcharge mentale, un stress chronique, un épuisement ou une perte de sens.
L’ego n’est peut-être pas le pilote de votre vie
Apprendre à écouter sans obéir systématiquement
J’aime l’image du co-pilote.
Votre ego peut être présent.
Il peut vous alerter.
Vous rappeler une expérience passée.
Vous signaler un danger.
Mais il n’a pas nécessairement besoin de tenir le volant.
Vous pouvez l’écouter sans lui laisser décider.
C’est une différence importante.
Car reprendre sa place ne signifie pas lutter contre soi.
Cela signifie progressivement développer suffisamment de conscience pour observer :
« Qu’est-ce qui est en train de se passer en moi ? »
« Qu’est-ce que je ressens ? »
« De quoi ai-je peur ? »
« Qu’est-ce que j’essaie de protéger ? »
Que se passe-t-il lorsque nous cessons de combattre notre ego ?
Passer du contrôle à la conscience
Changer un fonctionnement profondément installé n’est pas simple.
Parce qu’il a généralement une histoire.
Il a été appris.
Répété.
Renforcé.
Et parfois même récompensé par notre environnement.
C’est pourquoi vouloir simplement « lâcher prise » ne suffit pas toujours.
La Gestalt-thérapie invite plutôt à observer ce qui se passe ici et maintenant.
Dans le corps.
Dans les émotions.
Dans la relation.
Dans la manière dont nous entrons en contact avec les autres et avec nous-mêmes.
Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre.
Il s’agit de pouvoir progressivement choisir autrement.
Et si votre ego essayait simplement de vous dire quelque chose ?
Votre ego peut parfois vous sembler excessif.
Trop défensif.
Trop contrôlant.
Trop exigeant.
Mais derrière certaines réactions, il peut y avoir une peur…
…peur de perdre le lien, d’être rejeté, d’échouer, d’avoir mal ou de ne pas être suffisamment reconnu.
Alors plutôt que de demander
« Comment faire disparaître cette partie de moi ? »
Une autre question peut apparaître :
« Que cherche-t-elle à protéger ? »
C’est parfois là que commence une véritable rencontre avec soi.
S'allier avec son égo
Peut-être que nous n’avons pas besoin de vaincre notre ego…
Peut-être avons-nous surtout besoin de l’écouter autrement.
Il a peut-être longtemps tenu le rôle du protecteur.
Mais aujourd’hui, il n’est peut-être plus nécessaire qu’il conduise seul.
Il peut rester à vos côtés.
Vous pouvez entendre ses alertes.
Et reprendre progressivement le volant.
C’est aussi cela, retisser le lien avec soi.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment changer son ego ?
Ce n’est pas le but. Il est plus juste de parler d’évolution de nos fonctionnements que de changer l’ego. Certains mécanismes peuvent devenir plus conscients et moins automatiques.
Est-ce mauvais d’avoir beaucoup d’ego ?
Non. L’ego n’est pas intrinsèquement mauvais. Il peut participer à notre protection et à notre adaptation. La difficulté apparaît lorsqu’il prend une place qui nous éloigne durablement de nos besoins d’amour et de nos relations bienveillantes.
Pourquoi est-il si difficile de changer ?
Parce que nos fonctionnements ont souvent une histoire. Même lorsqu’ils nous font souffrir aujourd’hui, ils ont pu nous protéger ou nous aider à nous adapter auparavant.
La thérapie peut-elle aider à mieux gérer son ego ?
Une thérapie peut permettre de mieux comprendre ses fonctionnements, d’identifier ce qui se joue dans les situations vécues et de développer davantage de conscience dans la relation à soi et aux autres.
Comment savoir si mon ego prend trop de place ?
Vous pouvez commencer par observer ce qui se passe lorsque vous êtes contrarié, critiqué, rejeté ou en situation d’incertitude. Que faites-vous automatiquement ? Que ressentez-vous dans votre corps ? Et surtout : qu’essayez-vous de protéger ?